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La Charte

Les premiers pas de ce chantier dont l’idée a germé il y a cinq longues années (mon Dieu !!!) viennent donc de se faire. Le démarrage n’aurait pas pu se faire sans la participation courtoise de quelques hommes qui constituent donc l’équipe de choc qui travaille à la réalisation d’une aventure ambitieuse.
Qu’ils trouvent ici toute la reconnaissance qui leur est due :
Tandia Tierno pour les encouragements, l’implication financière et intellectuelle,
Omar BA le militant infatigable, cheville ouvrière de l’outil radio,
Pierre LE LEANNEC qui a allumé le moteur cet après-midi du 24 Août 2008.
Boubacar Kibili DIAGANA (NICE) et Ousmane DIAGANA (DAKAR) étudiants informaticiens sur lesquels le projet reposera pendant la construction puis surtout, après le lancement.
D’autres nous rejoindront inchallah en route et sont les bienvenus.
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La charte de KASSATAYA

Par la présente charte KASSATAYA se propose de préciser son objet, sa raison d’être, son identité, ses orientations, son contenu. C’est donc un peu de son âme qui sera évoqué ici à travers ce qui servira de conducteur et de ligne éditoriale.

LE PROJET
KASSATAYA est un pari qui se propose de donner d’abord la parole à tous ceux qui comptent mais qu’on entend peu, écrasés qu’ils sont sous le poids de leurs charges ou occupés à améliorer un quotidien rigoureux et impitoyable qui étouffe leurs voix.
KASSATAYA s’adresse ensuite à tous les autres ; ceux-là qui portent la parole de cette écrasante majorité à la recherche d’un hypothétique mieux-être.
KASSATAYA est un défi qui fait le choix de la diversité. Il se présente sous la forme d’une plateforme pouvant à terme favoriser les échanges féconds qui viendront enrichir les réflexions des acteurs du Sud pour :
- Faire l’état des lieux
- Comprendre le pourquoi et le comment des retards
- Mieux participer à la vie de la cité dans le but
- d’avoir prise sur leur vécu tout en
- aménageant des passerelles avec les acteurs d’autres horizons
- pour un échange d’expériences.

Pour y parvenir, KASSATAYA propose les outils suivants:

- Un portail Internet
- Un outil audio/vidéo pour couvrir les événements en provenance de l’Afrique de l’Ouest ou de la diaspora africaine à travers le monde.

LE SYMBOLE
KASSATAYA se fixe donc pour objectif de (re) donner la parole à ceux qui ont besoin de se faire entendre et que tous nous avons intérêt à écouter. Généralement, en milieu traditionnel, les discussions ne se déroulaient pas dans des amphithéâtres ou dans des studios. Elles avaient lieu soit sous le baobab que la désertisation range dans le groupe des espèces en voie d’extinction, soit plus récemment, autour du thé. Le thé (ataya) est devenu une institution qui obéit à un rituel précis pour honorer un hôte ou juste pour accompagner les longues discussions dans le cercle familial ou dans les assemblées. Il est servi dans des verres (kass) que les convives se passent selon une codification qui varie selon les contrées et les communautés. D’où KASSATAYA qui signifie verre de thé. Nous mettrons prochainement en ligne un document qui en expliquera la signification aux yeux de nombreuses communautés de l’ouest africain.

L’ESPRIT
KASSATAYA est un outil de communication libre et indépendant notamment de tout clivage politique et de toute puissance financière.
Le site internet et les émissions sont animés par des femmes et des hommes volontaires qui adhèrent aux principes d’un débat libre et démocratique et qui s’évertuent à faire de la libre expression une réalité propre à libérer les énergies et à favoriser l’émergence d’une nouvelle culture de la diversité et de la tolérance dans le respect mutuel.
Les volontaires devront veiller à garder leur impartialité dans le traitement de l’information. Ils devront également s’évertuer à diversifier leurs sources et à opérer une nette distinction entre les faits, l’analyse et le commentaire….Lʼapproximation, la déformation doivent être bannies, tout comme le mensonge, lʼinvention, la rumeur.
Il reste entendu que la participation aux activités de KASSATAYA reste volontaire et n’ouvre aucun droit notamment de propriété.

KASSATAYA s’engage résolument dans ce combat avec l’ambition de faire émerger une société qui s’appropriera les principes de la gestion concertée et inclusive. KASSATAYA a pour ambition de se faire l’écho des luttes, des débats et des tensions/crises qui aideront à la réalisation d’un tel objectif.
KASSATAYA permet de s’exprimer sur ses ondes toutes celles et tous ceux qui partagent le désir de faire émerger d’autres manières d’être et d’agir ensemble en adéquation avec les enjeux de notre siècle tout en s’inspirant de ce que notre passé/présent a de meilleur.
Partant, KASSATAYA réservera une place de choix à toutes ces productions artistiques et culturelles généralement à la marge tout en faisant la promotion des langues nationales.

LE CONTENU.
L’accent sera mis sur :
- la couverture des sujets politiques en fonction de l’actualité (actualité politique nationale, coopération sous-régionale et internationale, économie…)
- les débats sur des questions de gouvernance locale (ONG, agents du développement, élus, institutionnels…)
- les échanges culturels et sociétaux en langues locales : Bambara, Hassanya, Poular, Soninké et Wolof (musique, débats, reportages, rencontres…)

LE FONCTIONNEMENT.
Pour les publications sur le portail, les intervenants s’inscriront librement sur le site et posteront leurs contributions sous lesquelles des échanges peuvent s’engager pour assurer le maximum d’interactivité.
Pour l’audiovisuel des volontaires seront invités à proposer des émissions qu’ils animeront librement en respectant l’esprit de KASSATAYA. Ils pourront, dans une certaine mesure, rester libres et responsables du choix des sujets, des invités et de la présentation.
Les plages horaires seront attribuées en fonction des disponibilités et de l’intérêt que porteront les sujets proposés. Une grille des programmes sera établie plus tard.
Les animateurs et les invités n’auront pas besoin de se déplacer ou de se rencontrer physiquement. Des outils seront mis à disposition pour faciliter la communication à distance.
Les émissions seront ensuite mises en podcast sur le site en accès libre.

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Rosso: Les agriculteurs adressent au président de la République, une lettre d’un kilomètre de long!

Ils entendent, ainsi, entrer dans les records des londoniens du «Guinness».

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14 juillet, fête de l’indépendance franco-mauritanienne

Toubon, qui ne l’était plus beaucoup, ces dernières années – faute, sans doute, à des odeurs tenaces, d’argent pourri, contractées auprès de ses amis dictateurs

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Le Ministre de la Défense Nationale: «L’avion espagnol n’a aucune relation avec la libération de Oumar Sahraoui».

C’est par cette affirmation que le Ministre de la Défense Nationale, Hamadi Ould Hamadi, a réagi aux médias étrangers relayés par des journaux et des sites électroniques nationaux, qui ont souligné que l’Espagne a cédé à la Mauritanie un avion de contrôle maritime à un prix symbolique de 100 euros comme récompense pour son aide dans la libération des otages en livrant Oumar Sahraoui. ...
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Menace d’expropriation foncière à Nouadhibou: «La loi a prévu deux ans comme délai de mise en valeur des attributions»

Depuis quelques jours, l’activité de délimitation physique de parcelles de terrains a repris à une vitesse exponentielle. A l’origine de cette frénésie, une menace du Hakem de la moughatta de Nouadhibou de faire appliquer les textes régissant les concessions foncières provisoires. ...
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La Mauritanie dépense 18 millions d’euros dans les pièces d’état-civil

Morpho (ancien groupe Sagem) a signé un contrat portant sur 18 millions d’euros, avec le Ministère de l’Intérieur et de la décentralisation de Mauritanie pour la mise en œuvre du programme de production et de sécurisation des documents nationaux d’identification. ...
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Communiqué du Conseil des Ministres

Le Conseil des Ministres s'est réuni le lundi 06 Septembre 2010 sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République. Le Conseil a également examiné et adopté les projets de décrets suivants: ...
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Ould Khattra, nouveau commissaire (ministre) aux Droits de l’Homme

Le secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères et de la coopération, Mohamed Abdallahi Ould Khattra, a été nommé ce dimanche 05 septembre 2010 par décret présidentiel, Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile. ...
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Politique - Afrique

...Le degré zéro de la communication

La sortie ne donnait pas l’impression d’avoir bien été organisée. Sur le plan «technique» si… dans la mesure où tout était en place, bien ordonné…

les journalistes tenus à distance… à droite les proches collaborateurs – le ministre de la communication, les directeurs du cabinet du Premier ministre, sa conseillère en communication et le directeur de la presse écrite… à gauche les directeurs des trois organes de presse officiels et l’attachée de presse… surveillant le tout, le très professionnel directeur du protocole du PM… et, derrière, le portrait du Président de la République.

Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf est Premier ministre depuis août 2008. Au lendemain du coup d’Etat, il a été choisi à ce poste par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Puis il a été reconduit au même poste au lendemain de la mise en œuvre de l’accord de Dakar qui mettait en place un gouvernement d’union nationale devant gérer la phase menant à l’élection présidentielle. Nouvellement reconduit au poste par le Président élu, Mohamed Ould Abdel Aziz. Durant toute cette période, le Premier ministre Ould Mohamed Laghdaf n’a jamais accepté de faire face à la presse, ni d’accorder une interview à l’un des organes locaux. C’est pourquoi cette première sortie était tant attendue par les journalistes.

Elle arrive aussi à un moment où quelques crises sociales s’annoncent. Dont notamment les menaces de grèves lancées par les syndicats de l’enseignement et de la santé. A un moment où le pays fait face à la menace terroriste d’exécuter les otages enlevés sur le territoire mauritanien et retenus désormais au Mali. A un moment où les autorités sont appelées à s’exprimer sur la mise en œuvre d’un programme largement détaillé lors de la campagne électorale du Président Ould Abdel Aziz. Programme dont la philosophie essentielle est la rupture avec la mal-gouvernance du passé. Lutte contre la corruption et la mauvaise gestion, lancement de grands chantiers de développement, mise en œuvre de politiques ciblées bénéficiant aux populations nécessiteuses, infrastructures, eau, énergie, santé, éducation, administration, justice… un front à ouvrir contre tous ces maux qui ont justifié l’instabilité du pays et son mal-être.

Cette sortie arrive aussi au moment où l’on parle beaucoup de l’inefficacité du gouvernement que le Président Ould Abdel Aziz s’est choisi au lendemain de son élection. De l’absence de son Premier ministre et de son incapacité à incarner – ou même à accompagner – les velléités de la «Mauritanie nouvelle» promise par Ould Abdel Aziz. Autant dire donc que cette première sortie était attendue…

Personne dans la salle ne savait ce qu’il allait dire quand il fait son apparition. Peu avant son entrée, les journalistes s’amusaient à essayer d’anticiper : «on ne sait jamais avec cette Mauritanie nouvelle, peut-être va-t-il nous annoncer sa démission», ironisait quelqu’un. Ce ne sera pas ça.

Quand il prend la parole, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf semble plutôt serein. C’est au cours de la conférence qu’il va tiquer. Cela s’exprimait par l’attitude : les deux mains jointes, de fréquents battements de mains, un sourire nerveux, des choix peu judicieux de mots… D’abord l’exposé du motif de la conférence de presse : un bilan de l’action gouvernementale. Quelques unes des réalisations accomplies, à travers «l'exécution du programme du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz». Sécurité alimentaire, hydraulique, infrastructures de base et, notion générale, amélioration des conditions de vie des populations.

Evoquant la question de l'eau, il a annoncé que le gouvernement travaille sur l'exécution de 3 grands projets qui définiront la future architecture de l'approvisionnement de notre pays en eau potable : - Projet visant l’exploitation de la nappe du Dhar au Hodh Charqi qui vise à alimenter les villes de Nema, d'Adel Bagrou, de Timbedra et les agglomérations avoisinantes. Les travaux auraient déjà commencé selon lui. Les réseaux d'approvisionnement de ces villes et villages seront disponibles dans les plus brefs délais ; - Projet Aftout oriental qui couvrira la zone du triangle de la pauvreté. C'est là un projet ambitieux pour approvisionner 500 villages dans cette zone peuplée à travers le lac Foum Legleyte. Les études ont été déjà achevées pour ce projet pour lequel les efforts sont mobilisés afin d'obtenir son financement estimé à 81 millions de dollars dont 60 millions sont déjà disponibles. En attendant le reste du montant, les travaux seront lancés pour les lots déjà financés ; - Projet Aftout Essahili, entré dans sa phase finale dès lors que les parties restantes de son financement ont été obtenues, notamment celle relative au réseau de distribution à l'intérieur de la capitale, estimée à 127 millions de dollars.

En complément du Projet Aftout Essahili, il a été convenu avec la République populaire de Chine de financer un projet d'assainissement à Nouakchott pour une couverture de 199 millions de dollars déjà obtenue. Il a précisé que les travaux dans ce projet seront lancés dans les mois à venir. Il faut compter en plus 380 projets hydrauliques en cours d'exécution dont la plupart ont été déjà achevés et qui permettront à environ 300.000 citoyens d'accéder à l'eau potable.

Pour Ould Mohamed Laghdaf, l’enclavement est corollaire de la pauvreté, d’où la priorité accordée à la réalisation d’infrastructures routières. Et de citer des projets en cours d'exécution et dont les financements sont déjà disponibles comme la route Atar-Tidjikja, pour un coût d'environ 120 millions de dollars, la route Kiffa-Tintane, pour une couverture de 12 milliards d'ouguiyas provenant des bailleurs de fonds arabes, la réhabilitation de la route Rosso-Nouakchott, financée par l'Union européenne et la Banque mondiale, la route Nema-Bassiknou-Vassala que l'Iran a offert de financer, la route Tidjikja-Kiffa-Kankossa-Ould Yenge-Gouraye pour un coût de 71 milliards d'ouguiyas dont 38 millions de dollars ont été promis par la Banque islamique de développement. Les travaux dans le tronçon Kiffa-Kankossa correspondant à ces 38 millions de dollars seront lancés très prochainement, a-t-il annoncé, ajoutant que la Jamahiriya arabe libyenne s'est engagée à financer certains tronçons à hauteur de 100 millions de dollars. Quant à la liaison entre Keur Macène et la route Nouakchott-Rosso, longue de 33 kilomètres, pour un coût de 3 milliards d'ouguiyas prélevés sur le budget de l'Etat. Rappelant que cette zone regorge de ressources touristiques et oubliant de mentionner les autres raisons économiques (agriculture) et sociales (population et échanges avec le Sénégal tout proche). Il ne manquera pas de faire le bilan de la voirie de Nouakchott.

A propos de l'énergie, le Premier ministre a promis une solution définitive à l’alimentation des villes de Nouakchott, Nouadhibou et Kiffa. A Nouadhibou, la création d’une centrale éolienne est prévue selon lui ; à Kiffa ce sera une solaire. Chacune de ces centrales produira 100 MW, ce qui couvrira largement les besoins de ces régions. Pour la capitale, ce sera grâce à l'acquisition de 10 groupes électrogènes et la conclusion d'un contrat avec une société anglaise pour la création d'une centrale d'une capacité de 36 mégawatts, ce qui permettra d'obtenir 46 nouveaux mégawatts, doublant ainsi la production électrique à Nouakchott. C'est là, a-t-il dit, une solution provisoire en attendant la réalisation du grand projet qui permettra la disponibilisation de 700 mégawatts, par le biais du gaz, grâce à un partenariat avec la société Petronas et Gaz de France. Un projet dont il a été juste question mais dont le gouvernement de Ould Mohamed Laghdaf a retardé études et mise en œuvre du projet en refusant de discuter un accord avec Petronas.

Même s’il a insisté sur les efforts consentis dans la recherche d’une solution à l’endettement des agriculteurs, le PM Ould Mohamed Laghdaf n’ira pas au-delà. Ni chiffres concernant l’emblavement ou la production, rien concernant les problèmes de commercialisation de la production de cette année. A ce niveau du volet de la sécurité alimentaire, nous retiendrons : allègement des dettes contractées par les agriculteurs, grâce à l'annulation de 5,7 milliards d'ouguiyas sur un total de 12 milliards d'ouguiyas. A noter aussi la mobilisation de 1,4 milliard d'ouguiyas pour la clôture, en grillage, de 14 000 hectares dans 7 wilayas, précisant que 70% de cette opération ont été jusqu'ici réalisés et que le reste sera achevé dans un mois. Et la création d’un crédit à l’élevage.

Clou de la conférence, la question des indemnités accordées aux fonctionnaires. Il a indiqué que le gouvernement a mené une étude sur les indemnités et les avantages accordés aux fonctionnaires de l'Etat qui lui a permis de constater que plus de 9 milliards d'ouguiyas étaient supportés par le budget de l'Etat pour des dépenses sur l'eau et l'électricité, les logements conventionnés l'acquisition de véhicules et le carburant, soulignant que ces avantages profitaient seulement à 3000 personnes, dont la plupart sont à Nouakchott, sur un total de 37000 fonctionnaires. Devant cette situation, a ajouté le Premier ministre, le gouvernement a décidé de prendre des mesures de nature à assurer la justice et la transparence, car profitant à tous les fonctionnaires de l'Etat et ce à travers l'institution d'une indemnité de transport allant de 3000 à 54000 ouguiyas non imposable par mois et une indemnité de non logement, en plus d'autres mesures complémentaires portant sur l'attribution de parcelles de terrains aux fonctionnaires, selon les lieux de leur présence et la création d'un mécanisme permettant aux fonctionnaires de profiter de prêts pour les constructions.

Quand le Premier ministre finit son exposé, un journaliste lui demande de faire un résumé en français au profit des francophones présents. «Débrouillez-vous, nous sommes dans un pays arabe…» Froid dans la salle. Une première dans l’histoire du pays. Un net retour en arrière par rapport à la question des langues en Mauritanie. Mais passons… parce que les questions des journalistes suivront.

Dr Ould Mohamed Laghdaf répondra à peine à 50% des questions. En répondant aux autres, il escamotera l’essentiel. Probablement par ignorance, donc de bonne foi. Sur la question de l’énergie, il était clair que le Premier ministre avait mal (ou peu) lu ses dossiers. Quand est-ce qu’il a décidé de faire la conférence ? a-t-il pris le temps de travailler sa présentation ? Peu probable.

Retenons quelques unes des assertions. La Mauritanie ne discutera point avec les terroristes mais fera tout «pour que ceux qui sont de l’autre côté, qui sont loin de chez eux, puissent rentrer chez eux…» Comme s’il ne s’agissait pas d’otages, enlevés sur le territoire mauritanien et retenus par la force dans le Sahara malien. «Les mesures concernant les indemnités devaient être applaudies…» Joignant le geste à la parole et oubliant que le choix des mots à ce stade est très important pour faire passer son message. Oubliant aussi que le mot «applaudissement» fait référence à une méthode de gouvernant dont le régime de Ould Abdel Aziz se voudrait la négation. D’ailleurs, Dr Ould Mohamed Laghdaf n’a en rien incarné la philosophie de ce régime. Comme il n’a pas communiqué ce volontarisme qui caractérise la ‘méthode Aziz’. Ajouter à ces défaillances sur le plan de la communication, les grands oublis du Premier ministre : l’éducation, la santé, la justice, l’administration… Rien de tout ça. Prétexte : «si j’en parle ce sera l’exposition d’une déclaration de politique générale, d’un programme de gouvernement. Nous sommes restés un jour devant le Parlement pour le présenter…» Et quelqu’un d’objecter : «faites le bilan de ce programme, et vous ne perdrez pas cinq minutes».

Le Premier ministre accepte la décision du conseil constitutionnel même s’il estime que «le Gouvernement a présenté une très bonne loi à la hauteur de l'ampleur des défis auxquels fait face le pays et que cette loi a été adoptée par l'assemblée nationale et le sénat mais qu'elle a fait l'objet d'une certaine opposition sous prétexte que certains de ses articles sont non constitutionnels». Tant mieux.

Et quand l’un des journalistes de l’AMI pose une question sur les conclusions du comité interministériel qui doit réfléchir sur la situation des médias publics. «C’est une affaire interne dont je vous entretiendrai en privé…» Le rire sec du Premier ministre trahit sa méconnaissance du dossier ou encore le retard dans le traitement du dossier. Comme d’ailleurs pour tous les autres dossiers… Il apprend visiblement sur place la question de la lettre de l’Union Européenne rappelant au gouvernement mauritanien l’existence d’une enveloppe de plus de 150 millions euros qui doivent obligatoirement être décaissés avant la fin mars. Il tente d’abord une polémique sur les chiffres en disant au journaliste qui a posé la question : «vous êtes sûr du chiffre ?qui vous l’a donné ?» Cela ne donne rien. La réponse est évasive et promet que tout entrera dans l’ordre. Est-ce que cela affectera la réunion de Bruxelles ? Mystère.

Si l’exercice avait pour but de sensibiliser sur l’action du gouvernement, la moisson est pauvre. Si l’exercice avait été de vouloir désamorcer la bombe sociale qui est annoncée pour la mi-mars, l’objectif ne semble pas atteint dans la mesure où l’amalgame est resté. Si l’objectif avait été de convaincre les sceptiques ou de répondre aux allégations des détracteurs, cela n’a pas été clair… d’autant plus qu’au lendemain de cette sortie voulue rassurante, le prix des hydrocarbures allaient augmenter sans raison apparente, et que des coupures intempestives d’électricité allait paralyser des heures certains quartiers de Nouakchott. Cela sonne comme un démenti… Alors ?

La première sortie du Premier ministre Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a donné un résultat, un seul : révéler la personne. Rien de plus.

 

MF Ould Oumeir

Source: La Tribune N°491 du 08 mars 2010

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